30 juin 2009...00:06

Les « constats » de François Legault

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Tant quà rire du monde...

Tant qu'à rire du monde...

 

François Legault a quitté le PQ et l’Assemblée nationale le 25 juin dernier.  Démotivé et inquiet pour l’avenir du Québec, il en a profité pour nous livrer son « testament politique« , son manuel d’instruction pour un Québec meilleur. Il a d’abord dénoncé le cynisme des gens qui, selon lui, empêche des projets comme la souveraineté. Puis, il a mentionné que nous devions s’attaquer à nos vaches sacrées (aucun exemple). Enfin, il a présenté trois grands constats, suivis de solutions:

  • Premièrement, le Québec est pauvre.  Solution: il faut investir plus en éducation.
  • Deuxièmement, les écoles et les hôpitaux sont inefficaces. Solution: ils doivent être plus performants.
  • Troisièmement, les finances sont en crise. Solution: il faut mettre fin à l’endettement. 

C’est très gentil de nous livrer autant de précieux conseils APRÈS avoir quitté.

Toutefois, parlant de cynisme…

Il faut du culot à la tonne pour donner de tels conseils. Les plus importantes coupures en éducation de toute l’histoire du Québec ont été faites par le gouvernement péquiste. Trop drôle quand on lit ceci, de l’Université Laval, en février 2000, alors que François Legault est ministre de l’Éducation:

Le refinancement du réseau universitaire n’est pas pour demain. Les universités du Québec ne doivent pas s’attendre à recevoir du gouvernement du Parti québécois la « manne providentielle » du réinvestissement (…). RÉPONSE DU MINISTRE LEGAULT: « Les demandes en réinvestissement des universités s’élèvent à 700 millions de dollars. Ce qui voudrait dire que l’on donnerait au moins 400 millions de plus que l’Ontario per capita alors que nous sommes 20 % moins riches par habitant que cette province. Je pense que c’est utopique ».

Résumé: « Désolé pour nos coupures des 4 dernières années, mais comme nous sommes maintenant moins riches qu’ailleurs, on ne va quand même pas réinvestir massivement en éducation ! »

Legault: 0  Cynisme: 1

Les écoles et les hôpitaux sont inefficaces ? Mais F. Legault a non seulement été ministre de l’Éducation, mais il a aussi été ministre de la Santé du gouvernement qui a effectué les plus importantes coupures en santé de l’histoire du Québec ! Celui qui a envoyé 1500 médecins, 4000 infirmières et 1800 infirmières auxiliaires à la retraite – sans compter les milliers de spécialistes dans les écoles – en plus d’avoir bloqué les nouvelles admissions universitaires !! Ça aide un réseau à devenir efficace…

Legault: 0  Cynisme: 2

Il faut mettre fin à l’endettement ? Mais pourquoi avoir travaillé pendant des semaines, en 2006, contre la mise en place du Fonds des générations ? (« Le Fonds des générations, ce n’est que le fonds des illusions«  – Legault 14 novembre 2006)  Mis en place par le gouvernement Charest, ce fonds affecté à la dette a permis au Québec d’obtenir sa plus importante hausse de sa cote de crédit sur les marchés internationaux depuis 1975 (Ironiquement, juste avant l’arrivée du PQ au pouvoir en 1976). Cette hausse a permis de baisser considérablement le service de la dette que l’on paie à chaque année, justement !

Legault: 0  Cynisme: 3

M. Legault, si le cynisme a tué la souveraineté, je comprends maintenant votre départ de la politique !

3 commentaires

  • isabelleRacineLemieux

    Il est tellement inquiet qu’il décide de quitter.

    Courageux, le bonhomme !

  • Jeannot Vachon

    Mon cynisme à moi ne viserait pas directement M. Legault. Il y a une grande nuance en politique entre ce que tu perçois comme étant une solution ou une approche à privilégier et ce que tu peux réaliser dans le milieu politique où tu baignes.

    En dehors d’un parti, tu ne vas pas loin en politique. Tes idées, pour être mises en pratique, doivent être vendues à beaucoup de monde, dont des personnes clés de ton parti et des personnes d’influence dans la société. Il y a aussi le problème du peuple, dont la réflexion politique (de la masse) est très superficielle. Dans ce contexte, les remèdes de cheval pour corriger des défauts majeurs de notre système sont difficiles à vendre.

    C’est pourquoi le politicien qui veut vraiment dire ce qu’il pense n’en a l’occasion que lorsqu’il donne sa démission de la vie politique.

  • Faites ce que je dis.

    Mais pas ce que je fais.


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