23 avril 2009...13:51

Rivière-du-Loup: Paul Crête se lance !

Se rendre aux commentaires

Paul Crête a fini par se décider.  Il se lance en campagne électorale dans Rivière-du-Loup (RDL). À ceux qui lui reprochaient de venir du Kamouraska et non du comté de RDL, il a annoncé qu’il était même prêt à déménager dans la région de Rivière-du-Loup-Les-Basques. Après une longue hésitation de M. Crête, voici qu’enfin, par son annonce, la course est commencé entre lui et Jean D’Amour du PLQ.

Au sujet de Jean D’Amour, un nouveau joueur est également entré dans la course, bien qu’il ne sera pas officiellement candidat. Le journaliste Antoine Robitaille, du Devoir, s’est lancé ce matin dans une attaque particulièrement bizarre contre le candidat D’Amour. Dans un texte remplis de perles du genre « Jean D’Amour ne nie pas » et de « il affirme ceci et cela », M. Robitaille écrit une histoire sur le fait que Jean D’Amour n’a pas été lobbyiste (mais qu’il aurait peut-être pu l’être) pour son ancien employeur BPR. Déjà, s’il l’avait été, ce n’aurait pas été un problème, mais le journaliste essaie de le présenter comme coupable de quelque chose, sans l’accuser de rien. Seulement par la force et le choix des mots, la mise en commun d’extraits de citation, et aussi par la décision d’en faire un texte, Le journaliste Robitaille donne habilement l’impression que Jean D’Amour a quelque chose à se reprocher. Or, rien. M. D’Amour explique qu’il s’occupait du développement des affaires pour BPR dans la région, surtout au niveau municipal. Aucun lien avec les cabinets, aucun lien avec du lobbying, aucun problème, quoi. Mais comme il était président du PLQ, le journaliste sait qu’il peut donner n’importe quel impression. 

C’est une forme de journalisme.

Improvisons un exemple de recette utilisée par ce genre de journalisme:

Question: « M. Robitaille, avez-vous déjà encouragé le travail au noir ? »

Réponse: « Pardon ? Pourquoi me posez-vous cette question ? Je n’ai jamais encouragé le travail au noir ! Au contraire, je désaprouve ceux qui le font. »

Résultat dans un journal : « Antoine Robitaille a nié avoir déjà encouragé le travail au noir. Visiblement surpris de la question, il affirme, mal à l’aise, qu’il pense le contraire. »

Voilà, bien que le texte ne dise rien et que M. Robitaille n’aurait rien à se reprocher, il aurait quand même l’air coupable de quelque chose. Brillant. Bravo à M. Robitaille. Et l’idée d’ajouter, dans son texte, la question de Montréal et le scandale des compteurs d’eau (qui n’ont absolument aucun lien avec Jean D’Amour) ajoute énormément à la confusion. Beau travail. En pleine campagne électorale, c’est jolie. Bienvenue dans la course. Je m’assurerai de regarder à quel le Parti Québécois va récupérer une partie de son texte lors de la période de question d’aujourd’hui (jeudi)…

AJOUT: et oui, ça y est, le PQ en chambre demande des enquêtes. Facile. Quasiment drôle.

11 commentaires

  • Les journalistes devraient avoir un commissaire à l’éthique, eux aussi. Haha

  • Benoit Laliberté

    C’est du n’importe quoi, le texte de M. Robillard! Les journalistes, il y a des jours qu’ils écrivent des choses sensées, mais d’autres jours, c’est à se demander s’ils ont un but non avoué…

    On peut être d’accord ou non avec la candidature de Jean D’Amour, mais il n’y a pas de raison de tenter de le salir en le liant sans aucune raison avec l’histoire des compteurs d’eau à Montréal… Franchement!

  • Quand même, il ne faudrait pas exagérer et déformer les propos du journaliste. Peu importe si le gars a été président du PLQ ou non, il est très pertinent de savoir qu’il a travaillé pour la firme ayant conseillé la Ville de Montréal pour le contrat des compteurs d’eau. Surtout s’il y travaillait pour le secteur municipal. Je ne pense pas que A. Robitaille soit allé plus loin que ça.

    Ensuite, si Jean D’Amours a l’air mal à l’aise sur la question du travail au noir, je ne vois pas pourquoi A. Robitaille ne devrait pas le rapporter dans son article. Ça fait partie des informations que le public a le droit de savoir. Si D’Amours est si sûr que ça de ne pas avoir encouragé le travail au noir, il aurait eu plus d’assurance dans sa réponse.

    En terminant, je pense qu’il y a inversion des noms dans votre extrait.

    • lefinrenard

      Haha

      Non vous inquiétez pas: ce n’était pas un extrait du texte de M. Robitaille, mais un exemple de style. Je sais que M. Robitaille lit ce blogue, alors je le visait en lui fournissant un sujet fictif totalement hors propos… mais qui l’incrimine.

      C’est Fouché, le ministre de la police de Napoléon, qui disait quelque chose comme: « fournissez-moi n’importe quelle citation et je pourrai incriminer son auteur ». Certains journalistes l’ont compris.

  • Vous ne défendez plus tellement Jean D’Amour ces temps-ci.

  • Vous ne défendez plus tellement Jean D’Amour, me semble-t-il. Et quand je publie ce message, vous l’effacez systématiquement. C’est pas beau, ça, Renard anonyme!

  • Aleandre Romaniti

    Le sujet de l’article était le lobbyisme. Le FinRenard jugeait tordue une question que le commissaire au lobbyisme a considérée légitime. Et sur lequel il n’a pas fini d’enquêter.

  • André Roberge

    COMMUNIQUÉ

    CNW-TELBEC CODE 1 POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

    ACTIVITÉS DE LOBBYISME DANS LE BAS-SAINT-LAURENT
    LE COMMISSAIRE AU LOBBYISME DU QUÉBEC A TRANSMIS SON RAPPORT
    D’ENQUÊTE AU DIRECTEUR DES POURSUITES CRIMINELLES ET PÉNALES

    Québec, le 26 janvier 2010 – Le Commissaire au lobbyisme du Québec informe la
    population du résultat de son enquête sur des activités de lobbyisme qui auraient été
    exercées par des personnes agissant pour le compte de la firme d’ingénierie BPR auprès de
    titulaires de charges publiques d’institutions municipales de la région du Bas-Saint-Laurent.
    Au terme de cette enquête, le Commissaire au lobbyisme a transmis au Directeur des
    poursuites criminelles et pénales, pour action appropriée, un rapport d’enquête faisant état
    de quatre-vingt-quatre manquements à la Loi sur la transparence et l’éthique en matière de
    lobbyisme. Vingt-sept de ces manquements, dont le délai de prescription de un an n’est pas
    encore écoulé, pourraient faire l’objet de poursuites pénales.

    Les manquements
    Les manquements constatés concernent les articles 8, 25 et 29 de la Loi. L’enquête du
    Commissaire au lobbyisme qui a débuté le 2 septembre 2009 permet de constater que
    treize personnes ont agi à titre de lobbyistes d’entreprise, pour le compte de BPR, auprès de
    titulaires de charges publiques sans être inscrites au registre des lobbyistes conformément à
    la Loi. De plus, trois des plus hauts dirigeants de BPR ont manqué à leur obligation
    d’inscrire les personnes qui exercent des activités de lobbyisme pour le compte de leur
    entreprise. L’enquête démontre en outre qu’il y a eu des manquements aux règles d’après-
    mandat, qui imposent des restrictions aux titulaires de charges publiques lorsqu’ils quittent
    leurs fonctions.

    Les contrevenants s’exposent à des sanctions pénales et sont passibles d’amendes de 500 $
    à 25 000 $ pour chaque manquement.

    Les communications d’influence effectuées en contravention à la Loi l’ont été auprès de
    titulaires de charges publiques des municipalités de Rivière-du-Loup, de Trois-Pistoles, de
    Saint-Cyprien, de Matane et de Saint-François-Xavier-de-Viger, des MRC de Rivière-du-
    Loup, de Kamouraska, des Basques et de Témiscouata ainsi que du ministère des Affaires
    municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire.

    Les activités de lobbyisme visaient :

    • les projets liés au biogaz et à la gestion des matières résiduelles à la Ville de Rivière-du-Loup;
    • la réfection de la route 132 du secteur Vieux Saint-Patrice-de-la-Rivière-du-Loup;
    • l’agrandissement et la mise aux normes du centre administratif de la MRC de
    Kamouraska;
    • le développement de la mini-centrale hydroélectrique sur la rivière Trois-Pistoles par la
    MRC des Basques;
    • la réfection du pont de la route à Moïse de la municipalité de Saint-François-Xavier-de-
    Viger;
    • les travaux de rénovation de l’aréna de la Ville de Trois-Pistoles;
    • l’isolation et la ventilation à la caserne des pompiers de la Ville de Trois-Pistoles;
    • le plan d’intervention pour le renouvellement des conduites d’aqueduc et d’égout de la
    municipalité de Saint-Cyprien;
    • les travaux de réfection de la rue Collin dans la municipalité de Saint-Cyprien;
    • l’obtention de financement pour les municipalités de Trois-Pistoles et de Saint-Cyprien
    dans le cadre du programme fédéral de transfert de la taxe d’accise sur l’essence.

    Étant donné que les manquements relevés peuvent faire l’objet de poursuites pénales par le
    Directeur des poursuites criminelles et pénales, le rapport d’enquête et le nom des auteurs
    des manquements ne peuvent être rendus publics. Aucune entrevue ne sera accordée aux
    médias.

    Le Commissaire au lobbyisme du Québec
    Relevant de l’Assemblée nationale du Québec, le commissaire au lobbyisme est chargé de
    la surveillance et du contrôle des activités de lobbyisme menées auprès des titulaires de
    charges publiques qui œuvrent au sein des institutions parlementaires, gouvernementales et
    municipales. Il dispose de pouvoirs et de ressources pour faire des vérifications et mener
    des enquêtes relativement à toute contravention aux dispositions de la Loi sur la
    transparence et l’éthique en matière de lobbyisme et du Code de déontologie des lobbyistes.

    En vertu de la mission qui lui est confiée, le Commissaire au lobbyisme contribue à
    améliorer la confiance que les citoyens du Québec accordent à leurs institutions et aux
    titulaires de charges publiques qui y œuvrent.

    – 30 –

    Source : Louise-Andrée Moisan, conseillère en communication
    Commissaire au lobbyisme du Québec
    Tél. : 418 643-1959 ou 1 866 281-4615
    Cellulaire : 418 953-7829
    Courriel : lamoisan@commissairelobby.qc.ca

  • Luc Vallerand

    Publié le 02 février 2010 à 11h27 | Mis à jour à 11h44
    Lobbyisme: Jean D’Amour reconnaît sa culpabilité
    Taille du texte
    Imprimer
    Partager

    À LIRE AUSSI

    Aucune controverse n’égratigne Charest
    Non aux dons d’entreprises
    Relation distante, bilan mitigé
    Harper et Charest à la même tribune
    Une année sous le signe de la corruption
    SUR LE MÊME THÈME

    Parti libéral du Québec | Mario Dumont
    DU MÊME AUTEUR

    Lobbyisme: Jean D’Amour reconnaît sa culpabilité
    Non aux dons d’entreprises
    «Dégraisser» avant de taxer plus, propose le PQ
    Marois presse la ministre Weil d’éviter un autre «fiasco»
    Marois heurte le front commun syndical

    Agrandir
    Jean D’Amour

    ARCHIVES LA PRESSE

    Tommy Chouinard
    La Presse
    (Québec) Le député libéral Jean D’Amour reconnaît sa culpabilité à une infraction à la loi sur le lobbyisme. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales lui a émis un constat d’infraction hier, une semaine après avoir reçu un rapport d’enquête du Commissaire au lobbyisme.

    M. D’Amour n’a pas contesté l’avis et a payé l’amende de 500$ «afin de mettre un terme définitif à cette affaire» et «tourner la page». Il entend rester député de Rivière-du-Loup. Dans un communiqué, Jean D’Amour affirme qu’il a «toujours agi de bonne foi» et qu’il n’a «jamais eu l’intention de contrevenir sciemment à la loi».

    L’infraction à la loi remonte au 2 février 2009, alors que M. D’Amour travaillait pour la firme d’ingénierie BPR, à Rivière-du-Loup. Il a fait du lobbyisme auprès d’un titulaire de charge publique de Rivière-du-Loup, violant ainsi la règle «d’après-mandat». Un ex-maire peut exercer des activités de lobbyisme auprès d’élus ou de fonctionnaires seulement deux ans après la fin de son mandat.

    M. D’Amour a démissionné de son poste de maire de Rivière-du-Loup en 2007 pour se présenter ensuite aux élections générales sous la bannière libérale. Battu par Mario Dumont dans Rivière-du-Loup, il a ensuite travaillé pour la firme BPR à titre de directeur du développement des affaires, dans le Bas-Saint-Laurent. Il a quitté ses fonctions le printemps dernier, lorsqu’il est devenu candidat du PLQ aux élections partielles dans Rivière-du-Loup. Il a été élu le 22 juin.

    Le député a tenu un point de presse ce matin dans sa circonscription de Rivière-du-Loup, sans envoyer un avis de convocation à la presse parlementaire. La station de radio CIEL FM a confirmé l’information à Cyberpresse, le bureau de M. D’Amour n’ayant pas retourné un appel. Le bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales a confirmé l’envoi du constat d’infraction. C’est le seul constat émis jusqu’à maintenant à la suite du rapport d’enquête du Commissaire au lobbyisme.

    La semaine dernière, le Commissaire au lobbyisme, Me François Casgrain, a remis au Directeur des poursuites et pénales un rapport d’enquête sur les activités de lobbyisme de BPR dans le Bas-Saint-Laurent. Il a constaté pas moins de 84 violations à la Loi sur la transparence et l’éthique en matière de lobbyisme commises par 16 représentants de la firme. Teize représentants de BPR ont agi à titre de lobbyistes sans être inscrits au registre comme le prescrit la loi. Trois des plus hauts dirigeants de BPR ont violé la loi en n’inscrivant pas les personnes qui exercent des activités de lobbyisme pour le compte de leur entreprise.

    Le Commissaire ne nommait pas les personnes visées car la loi l’en empêche. Mais dans son communiqué de presse, il apportait plusieurs précisions permettant de croire que Jean D’Amour était concerné. Par exemple, le commissaire soulignait qu’«il y a eu des manquements aux règles d’après-mandat, qui imposent des restrictions aux titulaires de charges publiques lorsqu’ils quittent leurs fonctions». C’est justement une possible violation de cette règle qui avait plongé Jean D’Amour dans l’embarras au printemps 2009 et avait amené le Commissaire à déclencher une enquête le 2 septembre.


Répondre