18 mars 2010

Leçons pour percer la cuirasse de Jean Charest

Pour percer enfin la cuirasse du premier ministre Jean Charest, il aura finalement fallu un tir croisé simultané d’un grand nombre de joueurs à l’aide d’une nouvelle arme terriblement puissante : le doute.

Alors que les attaques publiques contre Jean Charest n’avaient jamais réussi à traverser l’épreuve des faits, ses adversaires ont désormais compris que les médias, en pleine crise de visibilité et de survie, se nourissent beaucoup plus du doute que des faits.

Jean Charest face à un adversaire redoutable: le doute

L’ADQ l’avait déjà bien compris, avec ses éternelles insinuations de conspiration contre le père de famille ouvrier de classe moyenne qui se fait avoir par l’immigrant, le fonctionnaire, le gars sur le B.S., le politicien, l’autochtone, le Montréalais, l’anglais, etc.

On a maintenant compris qu’en orientant toutes les accusations et tous les doutes sur une seule personne, on pourrait enfin faire mal. Tous les adversaires se sont retourné, un après l’autre, dans la direction de Jean Charest. En faisant peser tous plein de soupçons sur ses épaules, on a assumé qu’on finirait par l’affaiblir.

Fabriquer du doute

Rappelons-nous de Sylvie Roy, alors chef intérimaire de l’ADQ, qui prétendit à l’Assemblée nationale que Jean Charest « devait sûrement savoir » que trois ministres « auraient, il paraît, été sur le bateau de Tony Acurso, mais je ne sais pas, il paraît que. Je ne l’affirme pas, je questionne… »

Après trois semaines de manchettes et de controverses, alors qu’on comprenait finalement que rien n’était vrai, on découvrit, plutôt, que le seul politicien à avoir entretenu certains liens avec Acurso, était nul autre que l’ex-chef de L’ADQ lui-même, Mario Dumont. Trois semaines de scandale contre le PLQ, basé sur une fausse rumeur, alors que Dumont, « réel proche d’Acurso », n’en a eu que pour une demi-journée, dans un quotidien Montréalais.

Pensez à Pauline Marois qui, n’ayant jamais réussi à trouver de point faible à Jean Charest, a lancé le week-end dernier de graves accusations en laissant planer le doute qu’il y aurait peut-être un lien entre lui, les constructeurs, les syndicats, son allocation de 75 000$, mais sans rien vraiment affirmer, évidemment, seulement des questions, des doutes. Les médias ont adoré l’idée.

Marc Bellemare, ex-ministre qui n’a pas encore digéré son départ du conseil des ministres en 2004, après un an de service maladroit, profite des doutes lancés pour en décocher à son tour des nouveaux contre Jean Charest. Il nous annonce qu’il « sait plein de choses contre le PLQ et son chef », mais qu’il ne peut rien dire. Il explique que seule une commission publique pourrait lui permettre de raconter ses secrets. La justice, il aime pas trop ça. Il préfère les projecteurs et les caméras plutôt que les enquêteurs policiers. C’est vrai que devant un policier, tout ce qu’on affirme peut être retenu contre nous.

Les garderies, même histoire. Quelque chose d’illégal ? Non. Pire, les problèmes dénoncés par l’Opposition péquiste, comme l’attribution de permis de garde, remontent en majeure partie à l’époque où le PQ gouvernait ! Pas grave, on lance du doute.

Pendant ce temps, tous les puissants syndicats de fonctionnaires négocient avec le gouvernement Charest. La puissante fédération des médecins de Gaetan Barrette, par exemple, a investit 40 millions $ en publicité contre la gestion du gouvernement (la campagne anonyme « l’expertise a un prix »), sur toutes les télés, radios, journaux et web. Quatre fois ce que le gouvernement investit en pub dans une année complète, tout secteur confondu. Toutes ces négos sont un exercice très douloureux pour tout gouvernement, puisque l’histoire se répète à chaque fois : un grand nombre de « fuites » de sources gouvernementales anonymes, comme la Santé, visent à miner la crédibilité de la gestion du gouvernement. Un gouvernement affaibli négocie toujours moins bien que lorsqu’il est en position de force devant les médias. Alors on doute de nos élus et de leur capacité de gestion.

Dans toutes les attaques, les pratiques demeurent les mêmes : jamais de réels faits, toujours des soupçons. Brillant comme nouvelle approche : les médias adorent.

Pourquoi chercher à trouver des scandales, quand on peut simplement en imaginer ?

Si les journalistes rêvent autant d’une commission d’enquête publique, on le comprend, c’est notamment parce qu’il s’agit de la plus grosse usine à fabrication de « doutes » qui puisse exister. Imaginez : les témoins jouissent d’un privilège inestimable: l’immunité. C’est-à-dire qu’ils bénéficient, entre autres, du droit de mentir. Littéralement.

Imaginez le potentiel.

14 mars 2010

Tomber bas, tomber très bas…

Je ne parle pas de sondages, mais ils en sont la cause.

Mise à mal par les sondages, Pauline Marois vient de lancer la plus sale des opérations d’attaques personnelles comme rarement on en a vu dans notre histoire politique.

Salissage: dernière chance pour Pauline Marois, avant de démissionner

Après avoir traité Jean Charest, tout au long de la dernière campagne électorale, de menteur, d’impuissant, d’incapable, de malhonnête, voici maintenant qu’elle pousse encore plus loin ses attaques.

Comme le font les républicains, chez nos voisins du sud, dont Karl Rove, stratège de Georges W. Bush, la cheffe du Parti québécois, Pauline Marois, a lancé aujourd’hui de très sales propos au sujet de Jean Charest. Bien au fait que le doute nourri les médias beaucoup mieux que toute certitude, elle l’accuse d’être corrompu. Littéralement.

Karl Rove, nouveau modèle pour les stratèges de Pauline Marois

Comme Geobbels le rappelait à une autre époque, alors qu’il était ministre de la propagande d’Hitler, l’idée de base de la propagande est toujours la même: plus vous criez fort, plus les gens finiront par vous croire. Peu importe ce que vous leur dites.

Il s’agit visiblement de la dernière tentative de Pauline Marois avant de démissionner du Parti québécois. Si avec de telles accusations, elle n’arrive pas à faire mal au Parti libéral du Québec, Gilles Duceppe prendra enfin sa revanche sur Madame.

C’est toutefois dommage, après qu’on ait appris récemment, dans une entrevue exclusive à la PC, qu’elle ne faisait que « jouer un rôle, un personnage » qui était même « contre sa nature profonde » depuis qu’elle fait de la politique, qu’on sache maintenant quel genre de rôle elle entend jouer jusqu’à son départ.

14 mars 2010

La Santé: rappel de la pire manoeuvre politique de notre histoire

Le Québec a des problème de santé ?

Rappelons d’où ils viennent. En 1997, le gouvernement du PQ, pour régler ses problèmes de gestion, a procédé à la plus importante opération de démantèlement de notre système de Santé. On a, par la suite, parlé de saccage, de grave erreur, de pire décision politique de l’histoire gouvernementale du Québec. Le Québec subira pour longtemps encore cette stupide série de décisions politiques.

Des décisions aux graves conséquences

Rappel des chiffres.

En quelques mois, il y a eu :

  • Fermeture de 7 hôpitaux au Québec
  • Départ forcé de 1 500 médecins
  • Départ forcé de 4 000 infirmières
  • Fermeture des portes aux admissions en médecine (plus bas niveau de notre histoire)
  • Envoi des premiers Québécois se faire soigner aux USA

Pourtant, on se savait une des sociétés les plus vieillissantes de la planète, puisque notre taux de naissances était un des plus bas au monde. Les fermetures d’hôpitaux et les retraites forcées de milliers de médecins et d’infirmières ont été effectuées AVANT que l’impact réel du vieillissement ne se fasse sentir. Aujourd’hui, 13 ans plus tard, nous sommes en plein dedans.

L’an dernier, il y a eu 800 000 admissions de plus aux urgences par rapport à 2002.

Les facultés de médecine ont enfin rouvert leurs portes dès l’arrivée des libéraux au pouvoir, en 2003, si bien qu’à chaque année depuis, c’est le Québec qui a reçu le plus grand nombre de nouveaux étudiants en médecine. Deux fois et demi ce qu’admettaient les facultés sous le règne du PQ.

Mais ça prend une dizaine d’années avant qu’un étudiant ne puisse devenir médecin.

Qu’a répliqué Pauline Marois, en 2008, par rapport à ses décisions de 1997 ?

Je ne regrette rien. Si c’était à refaire, je le referais. Aïe.

Cinq jours plus tard, après beaucoup de pression, elle admettait, finalement, ses regrets.

Mais, malgré que les libéraux injectent 10 milliards de plus en santé, par année, qu’à l’époque du PQ (27 milliards vs 17 milliards), le porte-parole du PQ, Bernard Drainville, reproche au gouvernement de ne pas en faire assez.

Jugeons de l’honnêteté intellectuelle…

6 mars 2010

Jean Charest voyage beaucoup. So ?

Il y a des gens, au Québec, qui ne supportent pas de voir leur premier ministre aller à l’étranger signer des traités politiques et commerciaux. Surtout les plus souverainistes. Comment expliquer une présence du premier ministre du Québec si intense auprès des grands Leaders du monde, alors que nous n’avons pas besoin de quitter le reste du Canada ?

Jean Charest et Nicolas Sarkozy

Depuis 3 ans, Jean Charest explique sur toutes les tribunes qu’il « ouvre un nouvel espace économique pour le Québec ». Qu’en est-il ?

Motifs : nous sommes un petit État qui exporte beaucoup. C’est d’ailleurs ce qui explique notre niveau de vie très élevé par rapport à notre si petite population. Problème actuel : Depuis toujours, 80% de nos exportations sont destinées au marché américain.

Jean Charest veut changer ça. Comment ?

Se tourner vers l’Europe

Il a initié des négociations en vue d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, comme le rapporte cet excellent dossier de l’Actualité, publié en octobre dernier. Rappelons que l’Europe est constituée de 730 millions d’habitants, deux fois et demi la population américaine.

Attirer les meilleurs cerveaux de la planète

Il a signé avec le président français Sarkozy un accord de mobilité des travailleurs (Très brillant, quand on sait que le chômage en France est chroniquement élevé (10% en moyenne, environ 3 millions de Français en recherche d’emplois), alors qu’ici, depuis 3 ans, c’est l’inverse qui arrive (8% de chômage, plus bas qu’ailleurs au Canada, plus bas qu’aux USA). Nos avons du travail à offrir, ils ont des travailleurs français hyper-qualifiés pour nous.

Développer notre grand nord, deux fois gros comme la France

Il a lancé le Plan Nord et développe, au nord du 49e parallèle, le plus important projet de développement de l’histoire du Québec. Déjà, 14 aéroports nordiques sont en chantiers, tout comme deux routes importantes vers des gisements miniers (dont une de diamants).  Il y a aussi le complexe hydro-électrique La Romaine, un des plus gros de la planète. La ministre responsable du Plan Nord et Vice-première ministre, Nathalie Normandeau, a même confirmé cette semaine pour 50 milliards de travaux liés au Plan Nord. Toute cette énergie propre est très, très convoitée ailleurs au pays et chez nos voisins du sud. Les nouvelles lignes d’interconnexion sont installées vers l’Ontario (confirmé en septembre dernier) vers le sud (confirmé en octobre dernier), et vers les provinces de l’Est , dont l’Ile-du-Prince, (le spectaculaire achat d’Énergie NB en novembre, par Hydro-Québec). Définitivement, nous sommes des géants dans le domaine de l’énergie, en plein coeur d’un des plus importants consommateurs d’énergie de la planète: le marché continental américain, au point d’inquiéter nos voisins du sud.

Le Plan Nord est en chantier

Énergie

Près de 25 milliards en chantiers hydroélectriques et éoliens au Québec. On parle du retour des grands projets hydroélectriques, arrêtés depuis le départ de Bourassa. Il faut exporter notre énergie, puisqu’elle est propre, renouvelable, et qu’en vendant cette énergie, on s’enrichit en même temps qu’on aide notre petite planète…

Jean Charest veut exporter notre énergie propre

Est-ce un problème ? Pour ceux qui cherchent à ériger des frontières autour du Québec, que celles-ci soient politiques, linguistiques ou identitaires, je comprends que oui. Mais je ne suis pas d’accord.

Possible que notre premier ministre, le plus parfaitement bilingue nous n’ayons jamais eu, ait un peu trop d’ambitions pour nous, les Québécois.

6 février 2010

Oups ! Paul Crête du PQ sous enquête…

Aïe. Quand on crache en l’air…

Est pris qui croyait prendre...

Que nous apprend Le Soleil aujourd’hui ? « Alors que le Parti québécois réclame la tête du député libéral de Rivière-du-Loup, Jean D’Amour, qui a admis avoir enfreint la loi sur le lobbyisme, le Directeur général des élections (DGE) enquête sur Paul Crête, le candidat péquiste contre Jean D’Amour au scrutin complémentaire de juin. »

Ça vous rappelle quelque chose ?

Une campagne où, c’est le moins qu’on puisse dire, tout a été tenté par le Parti québécois pour battre Jean D’Amour. Dont beaucoup d’irrégularités.

Le PQ dans de beaux draps, dans Le Soleil, juin 2009

Paul Crête devra refaire ses comptes, Journal de Québec, juin 2009

Le DGE dit non au PQ, InfoDimanche, juin 2009

Une décision du DGE met le PQ dans l’embarras, dans La Presse, juin 2009

Une conférence péquiste sous haute surveillance, dans La Presse, juin 2009

Une conférence dérangeante, dans Le Journal de Québec, juin 2009

Réunion péquiste dans Rivière-du-Loup: le DGE émet ses directives, dans Le Soleil, juin 2009

«Les péquistes se foutent des règles», dit Jean Charest, dans La Presse, juin 2009

D’autres blogueurs, avec des textes comme  « dernier cadeau de Paul Crête »,  »Fraudeuse et effrontée » ou « Paul Crête enfreindra-t-il la loi électorale ? » ont aussi fait référence à ces pratiques douteuses.

Je dis, quand on crache en l’air…

2 février 2010

Tout ça pour ça. Jean D’Amour n’a qu’une seule (et petite) infraction

500 $

Voici l’amende. La plus petite que le Commissaire au lobbyisme puisse imposer. Le dossier est maintenant clos.

Le salissage est un prix à payer en politique

Depuis presque une année, tout a été dit sur Jean D’Amour à cause de cette « enquête » du Commissaire au lobbyisme. Problème: Jean D’Amour, après avoir quitté la mairie, aurait parlé au maire de Rivière-du-Loup au nom de son employeur BPR. Le Commissaire vient de trancher: une seule fois, en février 2009, Jean D’Amour a tout bonnement parlé au maire de la ville pour un dossier, alors qu’il n’aurait pas dû lui parler directement, vu ses anciennes fonctions de maire. Ce dossier n’a même pas abouti.

Pendant une année, on a spéculé le pire, on a joué sur les mots pour le rendre presque criminel. Hier encore, la député péquiste Agnès Maltais associait les mots « Norbourg » et « D’Amour » dans le titre d’un texte très dur, sur son site web (disparu du site aujourd’hui, mais la mention existe encore sur son tweet). Même aujourd’hui, Tommy Chouinard, plutôt que d’admettre que Jean D’Amour est pratiquement blanchi, préfère titrer à la Une, coiffé d’une photo-grimace de Jean D’Amour, Jean D’Amour reconnaît sa culpabilité. Incroyable.

Petite politique. Petite petite politique très sale.

On l’a traîné dans la boue, on a mis tout le monde sur son dos. On a obligé (inutilement) le Directeur générale des élections (DGE) à enquêter sur lui, tout comme l’escouade policière Marteau. En décembre dernier, dans la plus complète indifférence, il a été blanchi par le DGE, et blanchi par l’Opération Marteau du même coup.

Que reste-t-il aujourd’hui ?

Un homme (et une famille) blessé, mais coupable d’avoir osé affronter le Parti québécois. Et les médias.

Le cas de monsieur D’Amour me fascine depuis le début. Depuis l’annonce de sa candidature dans le comté de Rivière-du-Loup, tout a été dit sur lui, au point où même la très souverainiste et ex-députée bloquiste (1994 à 2003) Suzanne Tremblay disait, le 29 avril dernier, à la radio locale CFYX-FM :

« Le PQ fait tout ce qu’il peut maintenant pour salir la réputation de l’autre, parce qu’il pense que c’est sa seule façon de gagner dans Rivière-du-Loup. Même si ça émane du PQ, je peux pas supporter cette approche politique-là, et je suis très surprise que Monsieur Crête ne compte pas sur lui, mais compte plutôt sur le salissage de son adversaire pour gagner dans le comté de Rivière-du-Loup. Et j’espère que la population de Rivière-du-Loup ne sera pas dupe là-dessus ».

23 décembre 2009

Jean D’Amour avait raison !

Il a été la cible du PQ, de l'ADQ et surtout des médias.

Après tout ce qui a circulé. Après tout ce qu’on a entendu. Après tout ce qu’on a dit de lui, c’est maintenant officiel: Jean D’Amour n’a rien à se reprocher.

Le Directeur général des élections (DGE) le disculpe. L’Opération Marteau le disculpe.

Les enquêteurs de l’Opération Marteau ont envoyé mardi une lettre au Parti libéral expliquant qu’après vérifications, le député de Rivière-du-Loup ne fera pas l’objet d’autres enquêtes. Le Directeur général des élections avait déjà envoyé un message similaire aux instances libérales à la fin novembre, concluant que personne n’avait commis d’infraction à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités.

Ce qui est désolant, c’est que la nouvelle sort à ce moment-ci, alors que personne n’écoute les nouvelles, ni ne lit les journaux. Tout le monde prépare Noël sans penser à l’actualité politique. Ce bonhomme-là a passé de bien mauvais moments à se défendre contre tout ceux du PQ et de L’ADQ ont prétendu toute sorte de choses sur lui. Les médias en ont fait de la chaire à canon, sans se soucier vraiment de lui, de sa famille et de ses proches.

Maintenant qu’il est innocenté, qui en parlera ? Est-ce qu’il y aura au moins un ou deux petits articles dans un journal quelconque ? Sachant que les fausses accusations qui planaient sur lui ont fait la Une d’un grand nombre de quotidien et d’ouverture de bulletins de nouvelles ?

Je ne crois pas. Ainsi va la planète Médias.

Comme disait d’autres: Joyeuses fêtes monsieur D’Amour. Vous le méritez bien !

Citons un journaliste du Bas St-Laurent, Gilles Lebel, dans le St-Laurent-Portage: « À la lumière de tout ce qui lui tombe dessus depuis le 22 juin dernier, Jean D’Amour devra apprendre à se méfier des politiciens qui ne sont pas du même bord que lui. Il devra apprendre également à se méfier de ceux avec qui il a déjà fait de la politique et qui se disent ses amis. Il devra se méfier de ceux et celles qui ne seront jamais élus, qui ne veulent pas l’être, mais qui agissent comme s’ils détenaient le pouvoir. »

23 décembre 2009

Les années Derome par Derome pour Derome

Sous la table, un jupon dépasse...

J’aime bien ce que Radio-Canada produit régulièrement comme émissions d’affaires publiques. Découverte, Enquête, La Facture, Une heure sur Terre, etc.

Je n’ai pas la chance de pouvoir tout écouter, mais ce que j’écoute, j’aime bien.

À une surprenante exception: Les années Derome, diffusé en décembre 2009.

Véritable plaidoyer en faveur du PQ et de la souveraineté, tout se déroule en fonction d’avant et après 1976 (élection du PQ), et avant et après les deux référendums sur la souveraineté (1980 et 1995).

Le PQ, référence historique de Bernard Derome

Premier invité politique de cette rétrospective des 40 dernières années ? Paul Rose, du FLQ, pour défendre le FLQ.

Puis, au fil des émissions, Claude Charron pour défendre le PQ des années 1970, Pierre-Marc Johnson, pour défendre le PQ des années 1980, Lucien Bouchard, pour défendre le PQ des années 1990.

En guise de contre-partie, les deux « fédéralistes de service » ont été le conservateur Joe Clark, qui parle un français horrible, afin de critiquer les actions du gouvernement fédéral (et libéral) des années 1980 et 1990, et Jérôme Choquette, ancien ministre du PLQ sous Bourassa, pour défendre la loi des mesures de guerre du gouvernement fédéral, en 1970.

Wow. Belle objectivité.

Oh, il y a même eu un Daniel Lemire pour nous expliquer qu’après les années 70 (et le référendum de 1980), les Québécois n’avaient plus de « rêve collectif »…

20 décembre 2009

Méchant Québec, pauvre Alberta ?

Depuis la fin du sommet de l’ONU sur les changements climatiques à Copenhague, alors que le Québec a fait bonne figure à la face du monde, un drôle de spin dans l’élite conservatrice tend à se propager dans certaines de nos régions.
Le Québec et son énergie

Le Québec et son énergie

L’idée selon laquelle le Québec devrait prendre son trou et arrêter d’être un leader vert, puisque une partie de la péréquation qu’il reçoit, année après année, provient de l’Alberta, riche de ses polluant sables bitumineux.

L'Alberta et son énergie

Holà.

1 – Ce ne sont pas les provinces qui versent de l’argent à notre système de péréquation, mais bien les individus, via leurs impôts fédérales et la TPS, essentiellement. Après vérification sur la richesse relative des provinces, un montant est redonné aux provinces moins riches que les autres.

2- Les ressources naturelles non-renouvelables (comme le pétrole albertain) ne font pas partie du calcul de la richesse des provinces.

3- Toutes les provinces ont fixé des objectifs de réduction de leur GES (Gaz à effets de serre). Elles ont toutes fixé à 2020 l’atteinte de leur cible, sauf l’Alberta, qui a choisi… 2050 !

4- Le Québec, merci à Jean Charest, mise plus que jamais sur le développement de notre énergie propre (hydroélectrique, éolienne, hydrolienne, géothermique) ainsi que de nouvelles lignes d’interconnexion (Ontario en mai dernier, USA en novembre, et Est du Canada et USA en novembre également). Il veut vendre de l’énergie propre. Ça permet d’enrichir le Québec et d’aider l’environnement. On nous louange partout, Gore, Suzuki, Guilbault, Schwarzenegger félicitent ouvertement et publiquement le gouvernement du Québec.

5- Avec le refus des conservateurs et de l’Alberta de faire leur part, on risque d’être pénalisé. Jean Charest explique que l’économie du Québec, qui mise sur ses exportations, sera la première touchée si les pays de l’Union européenne mettaient à exécution leur menace d’imposer une taxe sur les produits en provenance de pays qui ne font pas les efforts requis pour réduire leurs émissions de GES.

6- Les Américains, par leur président, nous demandent, eux aussi, des efforts pour modifier nos méthodes d’extraction des sables bitumineux. Le président des États-Unis, Barack Obama, juge que le Canada doit travailler à réduire les émissions de gaz à effet de serre provoquées par l’extraction du pétrole des sables bitumineux.

7- Les USA ne seront pas éternellement acheteur de notre pétrole, qu’ils jugent trop « sale ». Le Congrès américain nous a à l’oeil: en décembre 2007, le Congrès a adopté l’Energy and Security Independence Act, dont l’article 526 stipule que le gouvernement américain ne peut acheter de « carburants synthétiques, non traditionnels ou de remplacement émettant plus d’émissions contribuant au réchauffement de la planète que les carburants traditionnels ». Il interdit au gouvernement et à l’armée d’utiliser de l’argent public pour acheter des carburants « sales », comme celui qui provient des sables bitumineux.

La solution à la question environnementale passera par l’argent, puisque c’est cette dernière qui est la cause de la première. C’est ce qui se dessine.

Heureusement, le Québec l’aura compris avant bien d’autres juridictions dans le monde.

17 décembre 2009

Histoire de la dette du Québec – Ouch !

Depuis peu, le débat sur les finances publiques a repris au Québec. Le ministre des finances vient de lancer ses consultations pré-budgétaire en vue de son prochain budget. À ceux qui crieront au loup, quant à l’endettement du Québec, j’espère que le Parti québécois n’en fera pas partie. Pourquoi ? Parce que l’histoire de la dette, au Québec, n’est pas très vieille. Elle remonte à 1976. Le même 1976 qui a vu arriver le PQ au pouvoir. Tout comme le nucléaire qui était de mode, l’accumulation d’une dette l’était tout autant. Le PQ a sombré dans ces deux lubies.

On remarque le point zéro. Remarquons que 9 ans plus tard, le PLQ n’y a pas échappé non plus. Mais je surveillerais qui jouera la vierge offensée, au cours des prochains mois…