Pascal Henrard, publicitaire pigiste, et surtout rédacteur de nombreux textes d’opinions politiques dans les médias, dont Branchez-vous, a toujours eu beaucoup de difficulté à cacher un mépris évident (et même ancien) contre Jean Charest et le PLQ.

Chaque semaine, lui et son « très neutre » collègue Gérald Larose, dont on mentionne seulement en toute fin de bio qu’il préside le Conseil de la souveraineté, remplissent les pages d’opinions du magazine technologique « Branchez-vous.com ».

Quel est le lien entre une page d’opinion politique et un magazine techno ? Aucun. Mais là n’est pas le point.

Homme de grands talents publicitaires, Henrard sait comment vendre ou détruire une image. À ce titre, il ne manque pas une occasion d’étaler son option politique dans les pages de branchez-vous.com. Il s’évertue pratiquement dans chacun de ses textes à tirer à boulet rouge contre le gouvernement du Québec et surtout contre son premier ministre Jean Charest.

On pourrait croire qu’il déteste l’institution ? Non. C’est spécifiquement l’homme, Jean Charest, et l’étiquette libérale, qu’il n’aime pas.

Les mots utilisés et leur fréquence puisent véritablement dans une haine profonde et viscérale contre l’homme et l’option qu’il défend.

Ceux qui ne sont pas (ou ne sont plus) de son option écopent également, mais dans une moindre mesure. Bouchard, Legault, Tremblay entre autres.

Mais Jean Charest est sa première cible. Déjà, en 1998, Henrard écrivait dans les médias nationaux contre Jean Charest, lorsque celui-ci a annoncé son arrivée au PLQ. Dans une lettre publié le 1er avril de cette année-là, Henrard utilisait les mots « manque de courage, opportunisme, déçoit, manque de fidélité, manque d’intégrité » pour définir le politicien de 39 ans.

Il utilise encore, 13 ans plus tard, les mêmes mots. Pires maintenant, en fait. Bref, il ne l’a jamais aimé.

Il y a bien un troisième auteur, Stéphane Berthomet, qui signe des papiers sur l’actualité mondiale, mais rarement québécoise.

Ainsi, le très souverainiste Gérald Larose et le très je-suis-Pascal-Henrard-et-je-déteste-Jean-Charest signent, l’un après l’autre, les textes d’opinions de Branchez-vous, le magazine techno le plus branché de la toile québécoise, mais visiblement le moins “branché” sur la scène politique. On ne peut pas se prétendre branché quand on est complètement refermé sur une seule option politique.

On ne peut pas en vouloir à Henrard de détester ceux qui ne partagent pas ses idées, mais je me demande surtout, tout bonnement comme ça, quel est l’objectif exact de « Branchez-vous » ?

On apprend aujourd’hui que l’ADQ vient de confier la rédaction de ses futures idées à … Claude Garcia.

Claude Garcia

Claude Garcia était nul autre que le président du comité de vérification de la Caisse de dépôt lorsque celle-ci a perdu 40 milliards. Évidemment, il s’est fait limoger par le gouvernement Charest peu de temps après ces terribles résultats. Depuis, il est demeuré extrêmement amer. Il rejoint maintenant l’ADQ, qui a fermement condamné …les grands administrateurs de la Caisse de dépôt pour avoir perdu ces 40 milliards.

Ahaha

Claude Garcia est aussi celui qui, au référendum de 1995, avait annoncé qu’il « écraserait » le PQ et l’ADQ qui militaient ensemble pour la souveraineté. Même les chefs du NON avait dû cacher Garcia jusqu’à la fin du référendum. L’ADQ et le camp du OUI avait même payé de la grosse publicité pour répliquer à Garcia « nous refusons de nous laisser écraser. Nous nous ferons respecter.”

Ahaha

Voyons, de quoi s’était fait reprocher l’ADQ, il y a peu de temps… Ah, oui. De vivre au gré du vent…

Une girouette de 40 milliards, ça finit toujours par encombrer

Dans notre histoire récente, le Québec a connu tout un lot de situations où une médiatisation à outrance, souvent sur la foi d’informations incomplètes ou peu fiables, a littéralement transformé l’opinion publique.

Il y a trois ans, souvenons-nous, le Québec risquait l’assimilation complète. Les médias nous montraient, jour après jour, des groupes culturels ou religieux qui cherchaient désespérément à attaquer notre culture, notre langue et nos symboles. Nos derniers jours semblaient comptés. Le rapport Bouchard-Taylor, fruit de la commission chargée d’analyser cette crise, a mentionné qu’après analyse, 75% de ce que les médias avaient rapporté au cours de cette période était soit faux, soit erroné. Imaginez! Même si le travail d’autocritique qui a suivi cette période, au sein du monde des médias, mérite d’être souligné, il n’a toutefois pas corrigé la désinformation qui a été solidement implantée dans l’imaginaire collectif.

La présente crise est en droite ligne avec ce type de dérapage.

En pleine dérive médiatique, on nous présente le premier ministre Charest et son Parti comme s’ils étaient des proches de la mafia, sous prétexte …qu’ils souhaitent que la police fasse plus d’enquêtes, avec plus de moyens, plus d’effectifs, plus d’argent.

Les enquêtes policières comme Colisée, Shark, Amigos, Printemps 2001, Cléopâtre, Pirhanna, Despote ont permis l’arrestation de plusieurs centaines de personnes. En prison aujourd’hui.

Une commission d’enquête publique, comme celles qu’on a connues (Bastarache, Gomery, Cliche) n’ont jamais fait peur à personne. Pourquoi ? Parce qu’elles ne mettent personne en prison. Elles produisent des rapports. Elles n’enquêtent pas. Elles retardent les enquêtes policières parce que celles-ci ne peuvent filer, infiltrer et écouter électroniquement des réseaux pendant que ceux-ci dévoilent des éléments de preuves importantes devant les caméras, empêchant à la police de les utiliser, à cause de l’immunité de la Commission.

  • La police fait peur. Pas les commissions.
  • La police doit trouver des preuves. Pas les commissions.
  • La police ne permet aucune immunité. Pas les commissions.
  • La police découvre des réseaux criminalisés. Pas les commissions.
  • La police démantèle des réseaux criminalisés. Pas les commissions.
  • La police met des gens en prison. Pas les commissions.

Par contre

  • Les commissions remplissent les journaux. Pas les enquêtes policières.
  • Les commissions lancent des carrières. Pas les enquêtes policières.
  • Les commissions permettent les oublies. Pas les enquêtes policières.
  • Les commissions protègent les criminels par l’immunité. Pas les enquêtes policières.
  • Les commissions sont contestables si elles ne plaisent pas. Pas les enquêtes policières.

Propre à nous, la situation de crise médiatique actuelle qui s’acharne littéralement sur le pouvoir en place rappelle que nous bénéficions, ici au Québec, d’un large bassin de médias qui couvrent un territoire relativement petit, pas en superficie mais en population. Il faut donc beaucoup de viande pour nourrir leur appétit. Malheureusement, une large majorité de Québécois sont isolé linguistiquement de la réalité médiatique hors-Québec. En ne regardant pas les nouvelles d’ailleurs, nous risquons de perdre la distance nécessaire pour faire un recul face à ce que nous proposent nos propres médias locaux.

Inquiétant.

Il fallait s’y attendre: René Lévesque disait du Québec: “on n’est pas un petit peuple, on est quelque chose comme un grand peuple”, en 1976. Aujourd’hui, Pauline Marois parlait du Québec comme d’un “petit peuple”. Elle l’a répété deux fois d’ailleurs. Il n’en fallait pas plus.

* conseil à ses proches: évitez l’hystérie, svp. Même les micros n’ont pas aimé (dans cet extrait).

Amir Khadir a lancé toute une accusation jeudi, à l’Assemblée nationale. Jean Charest a un ami qui s’appelle Marc Bibeau.

Qui est Marc Bibeau ?

Jusqu’à la sortie de M. Khadir et de Françoise David, une simple recherche dans les médias aboutissait à la grande révélation suivante: Marc Bibeau lève des fonds… pour les enfants malades de leucémie. Il aide Leucan. Il le fait grâce à des activités sportives, telles que le golf et le tennis. Et ses amis comme Jack Nicklaus et Gary Player.

Quand La Presse en a fait sa personnalité de la semaine, le 7 octobre 2007, c’était pour souligner sa capacité d’aider les causes qu’il aime.

Cette année-là, croire au militantisme politique était encore moralement acceptable. Les médias ne couraient pas, caméra à l’épaule, filmer les militants politiques pour demander leurs “véritables motifs réels” de militer politiquement. À cet époque, par exemple, quelqu’un pouvait être simplement fédéraliste et militer au PLQ, en donnant du temps, ou des idées, ou de l’argent.

Ce qui est dommage, c’est que depuis hier, la même recherche sur le web ramène à des insinuations, des doutes et des rumeurs.

Khadir a réussi à faire en sorte que, désormais, c’est le nom de Georges W. Bush qui apparaît à côté de celui de Marc Bibeau! Oui, oui. Ils ont été dans la même salle (avec 800 personnes) lorsque Bush, alors ex-président, était invité conférencier, en 2009 à Montréal, et que tout le gratin politique montréalais y était. Même si les deux hommes ne se sont jamais croisés de leur vie, le journaliste  André Noël, de La Presse, jugeant cette histoire trop ennuyante, a ajouté “à la même table que Georges Bush“. Évidemment faux, mais tellement plus juteux.

Le même Georges Bush qu’Amir Khadir soupçonne d’avoir fait sauter les 2 tours à New York, le 11 septembre 2001.

Insinuations, doutes, rumeurs. Des armes politiques tellement puissantes depuis que les médias ne les filtrent plus.

Des armes de destruction massive pour notre démocratie, même…

 

François Legault et Pauline Marois - encore en chicane ?

 

Un nouveau regroupement composé essentiellement de souverainistes de droite ferait son arrivée sur la scène politique Québécoise, apprend-t-on aujourd’hui. L’ancien ministre péquiste et ancien candidat à la chefferie du Parti Québécois, François Legault, ainsi que l’ancien ministre péquiste Joseph Facal, seraient au coeur de ce mouvement, et pour lequel M. Legault a clairement fait savoir qu’il en serait le chef, à défaut de quoi il quitterait.

Le groupe jugerait que le Parti québécois va dans la mauvaise direction avec Mme Marois qui, estime-t-il, parle trop de souveraineté et de la question identitaire. (SRC)

Jamais une division aussi clair au sein des souverainistes n’est arrivé dans notre histoire politique. Le Parti libéral du Québec a déjà vécu son lot de débats internes duquel fut créé justement le PQ et l’ADQ:

  • Le Parti Québécois (fruit d’une division au sein du PLQ en 1967, alors que l’ex-ministre libéral René Lévesque, battu l’année précédente, quitte le PLQ et fonde le mouvement souveraineté-association – qui deviendra le PQ).
  • L’Action démocratique du Québec (fruit des débats constitutionnels au PLQ, de 1990 à 1992, dans la période post-Meech.  Mario Dumont, alors président de la Commission-Jeunesse, quitte avec un groupe de militant pour former le forum option-jeunesse – qui deviendra l’ADQ)

Mais aujourd’hui, c’est la première fois que des ex-militants du PQ envisagent de quitter définitivement ce Parti pour en créer un autre. Le Leadership de Mme Marois, dont les sondages rappellent (sans cesse) son impopularité comme chef, sera contesté.

Non seulement la création d’un nouveau Parti souverainiste de droite viendra diviser l’opposition, mais affectera directement le Parti Québécois, à deux ans d’une élection au Québec.

C’est une mauvaise journée pour madame Marois.

Une catastrophe, plutôt.

Voici une belle vidéo qui montre comment on peut, nous aussi, ajouter des éléments à notre agenda de 2003, sur un disquette de 2003 sauvegardée en 2003… (pour une meilleure résolution, allez directement la voir sur Youtube)

Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais !

Ça m’inspire le dégoût, et c’est pour ça que je suis parti au printemps 2004.

Voilà ce que Marc Bellemare annonçait au journaliste Alain Gravel, de Radio-Canada, au printemps dernier. Ainsi commençait cette saga qui (tient) captive la population. Depuis ce temps, je me questionne. Surtout après les témoignages entendus devant la commission Bastarache, il y a trop de questions qui, moi, me captivent. Par exemple, je ne comprends pas pourquoi après sa démission, et malgré son « dégoût » pour le PLQ, Marc Bellemare a:

D’autres faits me laissent sans mots. A-t-on tout oublié depuis 2005 ?

Rappel: Deux semaines après son départ du PLQ, Marc Bellemare prépare déjà sa campagne à la mairie de Québec. Après quelques rencontres, il constitue avec quelques proches un « comité d’appui » à sa propre candidature à la mairie de Québec. Vous savez, ce genre de regroupement qui n’est contraint à aucune loi ni aucune règle, encore moins soumis au Directeur général des élections. Le futur parti Vision-Québec de Marc Bellemare n’est pas encore formé (il le sera en février 2005)

“TOUT EST SECRET DANS CE PARTI-LÀ”

L’argent coulait à flot, comme l’explique au journal Le Soleil le 16 avril 2010, un des organisateurs de M. Bellemare, Pierre Bibeau, qui a d’ailleurs servi de prête-nom pour financer ce Parti, ce qui est illégal:

Pierre Bibeau (ne pas confondre avec son homonyme de Montréal) se rappelle très bien de cette rencontre de novembre 2004 où Marc Bellemare s’est engagé dans l’aventure. Financièrement. «Il a donné de l’argent, un 10 000 $ de sa poche. J’ai été témoin de ça. Quand il a commencé, Marc a voulu montrer l’exemple. Il a demandé l’aide de certains amis et mis 10 000 $ sur la table.

Déjà, le 17 mai 2005, Le Soleil titrait à sa Une: “Tout est secret dans ce Parti-là.” Dans un texte percutant, on apprenait qu’un des organisateurs de Marc Bellemare, Jacques Langlois, quittait Vision-Québec et dénonçait la culture du secret dans ce parti (qui n’avait officiellement que 3 mois).

Il n’y a pas de transparence à Vision Québec. Les dépenses, on ne sait rien, dit-il. Les focus group qui ont été faits, ça a dû coûter cher et le brunch à Beauport, le parti a payé au moins 800 repas. Ça prend des sous, ça ! Les vraies décisions sont prises par une poignée de personnes, en particulier les adéquistes Éric Duhaime et Normand Forest.

Puis, un autre membre de l’organisation admet le 21 avril 2010 (Radio-Canada):

Un ancien candidat de l’équipe Bellemare lors de l’élection municipale de 2005 s’inquiète de certaines irrégularités concernant le financement du parti Vision Québec. Selon le conseiller Richard Côté, seuls le chef Marc Bellemare et deux de ses proches collaborateurs avaient accès aux livres du parti. « D’ailleurs, le dernier mois de la campagne électorale, ça allait mal à cause de ça. On n’était pas capable de rien savoir », affirme M. Côté. Richard Côté est le seul candidat à avoir été élu sous la bannière de Vision Québec. Il dit regretter ne pas avoir posé suffisamment de questions à l’époque sur le financement du parti.

C’est à ce moment que le DGE ouvre une enquête sur M. Bellemare. On comprend qu’il ne souhaite pas s’y rendre !

NORBOURG ET VISION-QUÉBEC

De plus, l’essentiel des réunions du “comité d’appui” a lieu dans les bureaux de… Norbourg, dont le vice-président est un ami personnel de Bellemare. Ces rencontres ont lieu jusqu’à ce que la fraude éclate au grand jour, le 25 août 2005, à quelques semaines des élections municipales.

Marc Bellemare est questionné par Radio-Canada dès le lendemain, 26 août 2005, sur les liens avec cette firme :

Marc Bellemare a confirmé à Radio-Canada que le vice-président de Norbourg, Michel Fragasso, a certains liens avec le parti Vision Québec. Norbourg est l’entreprise actuellement sur la sellette pour avoir probablement fraudé la somme de 70 millions de dollars aux dépens de 5000 petits investisseurs.

Il est possible, selon M.Bellemarre, que M. Fragasso ait versé des fonds à la caisse du parti. Le vice-président Michel Fragasso avait tenu une conférence lors du congrès de fondation de Vision Quebec en mars dernier. Quant à son rôle dans le comité d’appui à la candidature de M. Bellemarre, ce dernier répond: « C’est possible, c’est possible. »

Par ailleurs, ce même comité d’appui tenait ses réunions dans les locaux des entreprises Norbourg et Capital Teraxis. « Les réunions du comité d’appui se sont tenues effectivement dans les locaux, au 700 Lebourgneuf », a dit le chef de Vision Québec. Fait étonnant, Marc Bellemare affirme ignorer si M. Fragasso et ses entreprises ont versé de l’argent au parti; toutefois, il reconnaît que c’est possible.

« Est-ce que M.Fragasso a versé des sommes à Vision Québec? C’est possible, je ne peux pas vous le dire. Ce n’est pas moi qui fait les dépôts », a dit M. Bellemarre. (…)

“MAUDITE LIMITE DE 1000$”

Refusant de dévoiler ses sources de financement, malgré la pression médiatique et populaire, Marc Bellemare ajoutait alors, au quotidien Le Soleil, le 27 août 2005 :

Notre parti a un contrat moral  avec ses donateurs, qui ont droit à la confidentialité. C’est déjà tellement difficile de recueillir des fonds en politique municipale, notamment en raison de la limite de 1000 $ par personne et du fait que chaque donateur doit résider dans la municipalité. Permettre de divulguer les noms en pleine campagne serait suicidaire pour le financement de tous les partis.

Puis, il ajoute:

Il faut arrêter de voir des bibittes partout !

Si j’étais cynique, je lui ferais dire: “Faites ce que je dis, mais surtout pas ce que je fais!”